Connaissez vous Jeanne Chaton ?

Le 11 novembre est un jour important dans la mémoire française. C’est pourquoi aujourd’hui j’aimerai vous parler d’une femme peu connue de l’histoire. En effet avez vous déjà entendu parler de Jeanne Chaton ? Ce n’était pas mon cas, jusqu’à ce que mes recherches féministes me conduisent à cette découverte que je souhaite partager ici avec vous.

Jeanne Chaton, née le 10 novembre 1889, était la fille unique d’Alexandre Chaton, et de Mélanie Clotilde Woisard. Sa mère étant décédée en 1905, elle grandit élevée par son père et ses grands parents. En 1914 les allemands arrivent alors qu’elle est en vacances en Lorraine. Elle est capturée et déportée dans un camp de travail en Allemagne. Malgré sa jeunesse, grâce à sa connaissance de l’allemand, elle devient chef de baraquement et essaie d’aider ses consœurs internées de toutes origines. Alors qu’elle travaille au blanchiment des couvertures au chlore, elle tombe malade. Reconnue tuberculeuse par la Croix-Rouge internationale, elle bénéficie d’un échange avec une prisonnière allemande. Elle rentre d’abord à Neuchâtel en France en 1917, où elle travaille pour la Croix-Rouge internationale, puis à Paris. En 1921 elle reçoit la médaille de la Reconnaissance française.

Son expérience de la captivité et la solidarité féminine devant l’adversité poussera son engagement durable, pacifique et féministe dans les relations internationales. Refusant de suivre les conseils de son père, qui aimerait qu’elle devienne institutrice, elle passe une licence en lettres et philosophie à l’école normale supérieure de Sèvres. Elle obtient également un diplôme de sciences politiques, et un autre à l’école du Louvre et est reçue première à l’agrégation d’histoire et de géographie en 1925. Elle enseigne ensuite dans plusieurs lycées en province et à Paris. Puis elle reçoit la médaille d’officier de l’instruction publique en 1938.

Avant la seconde guerre, cette femme qui pourrait avoir du ressentiment à l’égard de l’Allemagne, s’engage dans des organisations pacifistes et internationales comme l’Union mondiale pour la concorde internationale et le mouvement pour la réconciliation franco-allemande : Fraternité-Réconciliation. Grâce à André Siegfried, son professeur à l’école nationale de sciences politiques, elle rencontre Albert Thomas, directeur du Bureau international du Travail et devient secrétaire assistante bénévole du président Herriot pendant les sessions d’été de la SDN de 1930 à 1937. Infatigable ! À ce poste Jeanne Chaton entre en contact avec des réfugiés politiques et juifs de diverses nationalités en France, ce qui la conduit à rejoindre activement à la Résistance à Paris. Elle diffuse la presse clandestine Résistance ou L’Université libre et héberge des agents clandestins et parachutés. Elle sera faite chevalier de la légion d’honneur en 1946.

Après la libération, Jeanne Chaton s’attaque à un autre combat ; l’éducation des femmes. Elle souhaite insister particulièrement sur le développement de l’éducation des femmes en Afrique, notamment par le biais de bourses d’études.

En 1965, elle prend sa retraite de l’Education nationale, mais participe activement au comité de liaison des problèmes du travail féminin. Elle devient également représentante de la France à la Commission de la condition de la Femme à l’ONU, jusqu’en 1975, où elle s’attache à la rédaction de la Déclaration contre toute discrimination à l’égard des femmes, adopté le 7 novembre 1967. Elle s’engage dans un grand nombre d’autres associations en faveur des droits des femmes et est promue Officier de la légion d’honneur en 1976.

Généreuse à la vie comme à la mort, lorsqu’elle décède en 1989 à l’âge de 100 ans, son corps est offert à la science. Son parcours impressionnant est une inspiration pour les femmes d’aujourd’hui et de demain.

Sources : Vous trouverez plus de détails sur l’histoire de Jeanne Chaton et d’autres femmes dans le livre : Dictionnaire des féministes de Christine Bard.

Crédit photo : Image du film La Grande Vadrouille, 1966.

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