Le féminisme est-il incompatible avec l’amour ?

L’idée selon laquelle le féminisme serait incompatible avec l’amour hétérosexuel n’est pas nouvelle. La demande d’égalité et de liberté des femmes inquiète les hommes. Ils ne savent plus à quoi s’attendre en couple. Cette idée freine les ambitions féministes de nombreuses femmes, pour lesquelles la féministe est une femme qui n’aime pas les hommes et qui n’est pas non plus aimée d’eux. Le féminisme est perçu comme une menace pour le couple et l’ordre de la société patriarcale.

Dans l’imaginaire masculin, le combat des femmes pour faire valoir leurs droits est incompatible avec l’amour. En effet, comment les femmes hétérosexuelles pourraient-elles encore aimer les hommes, alors qu’ils sont leur oppresseurs ? Et pourquoi les hommes hétérosexuels auraient-ils envie d’aimer des femmes qui ne remplissent plus les rôles que l’on attend d’elles ? Le féminisme brise l’imaginaire érotique masculiniste, qui veut la femme soumise, épilée, maquillée et prête à tout pour plaire. Il remet également en question les rôles au sein du couple et même la « nature » du couple. Les femmes peuvent exprimer, grâce au féminisme, leur désintérêt pour la maternité qui est progressivement de plus en plus accepté. Les féministes ont également tendance à refuser les instincts protecteurs et l’apport d’un soutien financier de la part leur compagnon, qui ne savent pas quelles autres qualités ils peuvent apporter dans le couple.

L’amour est au centre de l’identité féminine traditionnelle et culturelle, d’où l’impact du rejet de l’amour traditionnel par les féministes. Dans la tradition amoureuse, l’être féminin se donne. La femme n’existe plus pour elle-même, mais pour l’autre, que ce soit le mari, l’enfant ou l’amant. Des féministes dénoncent ce discours qui fait de l’amour l’essence du féminin, et l’ancre en général dans la « nature » de la femme. L’amour serait un échange inégal, une arnaque, un esclavage. Le féminisme déconstruit une culture de l’amour, profondément sexuée et sexiste. L’amour traditionnel, source de déception pour les femmes, est un problème qui provient de la différence d’éducation des sexes dès le plus jeune âge. Dans les contes, les jeunes filles sont des princesses, passives, attendant d’échapper à l’ennui en existant comme un objet de récompense pour les hommes (princes). Une solution possible, et qui commence à se développer, serait de réécrire ces contes pour briser les stéréotypes.

Le féminisme apporte une relecture de l’amour, comme un concept plus libertaire. Les femmes libres et aventureuses dans leur vie amoureuse sont mises en avant. Qu’est ce qui rendrait un amour « féministe »? L’idéal amoureux féministe implique la la réciprocité, l’égalité, le respect des envies physiques ou platoniques : il s’oppose au modèle de l’alliance traditionnel, où le mari apporte une protection physique et économique à sa femme. Mais la société patriarcale présente une lecture méprisante de l’amour libre chez les femmes.

Doit-on alors renoncer à l’amour ? Non, bien au contraire, le féminisme met en avant l’expérience féminine de l’amour. L’amour « féminin », et l’éducation à l’apport de l’amour par les femmes, apporte une qualité de vie supérieure en société, poussant les êtres à prendre plus grand soin les uns des autres. Le féminisme apporte aussi une autonomie des individus dans le couple, qui leur permet de partager le travail domestique et l’éducation ou le soin des enfants. La bienveillance théoriquement féminine devient un trait accessible à tou·te·s qui enrichit les relations. Les hommes doivent pouvoir accéder aux traits reconnus comme féminins dès le plus jeune âge pour revaloriser leurs apports au sein du couple. Les livres de contes alternatifs qui paraissent de nos jours, où les princesses se battent pour leur prince, ou pour d’autres princesses, pourront, on l’espère, permettre à la société de progresser en direction de l’égalité des genres. Ainsi, il faut espérer qu’on pourra tou·te·s vivre heureux, avec ou sans enfants.

Bibliographie pour aller plus loin :

Dès le plus jeunes âge, pour les filles et les garçons :

  • Culottées – Pénélope Bagieu
  • Ces femmes incroyables qui ont changé le monde – Kate Pankhurst
  • Guide des métiers pour les petites filles qui ne veulent pas finir princesses – Catherine Dufour
  • Histoires du soir pour filles rebelles : 100 Destins de femmes extraordinaires – Elena Favilli

Pour les féministes convaincu·e·s :

  • La tentation de Pénélope – Belinda Cannone
  • Dictionnaire des féministes – Christine Bard

 

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